Norita, mère de Mayo et de tous.

de Jean Georges Almendras ed Andrés Volpe

NORITA, L’INCARNATION DE L’ETHIQUE. L'EXPRESSION DE L’AMOUR POUR LA TERRE MÈRE QUI DÉFEND ET AIME SES FILS. L’IMAGE DE LA MÈRE DE LA DOULEUR QUI A SACRIFIÉ SON FILS CRUCIFIÉ PAR DES MEURTRIERS FÉROCES ET TYRANS. OUI! NORITA EST ALLÉE CHEZ LE PÈRE POUR RENCONTRER SON FILS AIMÉ ET POUR GUIDER DU HAUT LES ASSOIFFÉS DE JUSTICE, LES JEUNES, FEMMES ET HOMMES, QUI GAGNERONT LA GUERRE CONTRE LES NAZIS, DÉMONS QUI GOUVERNENT L’ARGENTINE. NORITA NOTRE MÈRE, MÈRE DE LA RÉVOLUTION CIVILE ET ACTIVISTE...

Norita, mère de Mayo et de tous.

de Jean Georges Almendras ed Andrés Volpe

NORITA, L’INCARNATION DE L’ETHIQUE. L'EXPRESSION DE L’AMOUR POUR LA TERRE MÈRE QUI DÉFEND ET AIME SES FILS. L’IMAGE DE LA MÈRE DE LA DOULEUR QUI A SACRIFIÉ SON FILS CRUCIFIÉ PAR DES MEURTRIERS FÉROCES ET TYRANS. OUI! NORITA EST ALLÉE CHEZ LE PÈRE POUR RENCONTRER SON FILS AIMÉ ET POUR GUIDER DU HAUT LES ASSOIFFÉS DE JUSTICE, LES JEUNES, FEMMES ET HOMMES, QUI GAGNERONT LA GUERRE CONTRE LES NAZIS, DÉMONS QUI GOUVERNENT L’ARGENTINE. NORITA NOTRE MÈRE, MÈRE DE LA RÉVOLUTION CIVILE ET ACTIVISTE...

Photo: diarioconvos

DU CIEL À LA TERRE

Norita, mère de Mayo et de tous.

NORITA, L’INCARNATION DE L’ETHIQUE.
L’EXPRESSION DE L’AMOUR POUR LA TERRE MÈRE QUI DÉFEND ET AIME SES FILS.
L’IMAGE DE LA MÈRE DE LA DOULEUR QUI A SACRIFIÉ SON FILS CRUCIFIÉ PAR DES MEURTRIERS FÉROCES ET TYRANS.
OUI!
NORITA EST ALLÉE CHEZ LE PÈRE POUR RENCONTRER SON FILS AIMÉ ET POUR GUIDER DU HAUT LES ASSOIFFÉS DE JUSTICE, LES JEUNES, FEMMES ET HOMMES, QUI GAGNERONT LA GUERRE CONTRE LES NAZIS, DÉMONS QUI GOUVERNENT L’ARGENTINE.
NORITA NOTRE MÈRE, MÈRE DE LA RÉVOLUTION CIVILE ET ACTIVISTE DE L’AMOUR, DE LA PAIX ET DE LA JUSTICE.
NORITA NOUS T’AIMONS, JE T’AIME ET JE TE BÉNIS AU NOM DE DIEU.
PAIX!
TON SERVITEUR ADONIESIS.

Giorgio Bongiovanni

Planète Terre – Italia / 31 mai 2024 / G.B.


Norita, “mère de plaza de mayo”, nous a laissés mais elle sera avec nous pour toujours.

La nouvelle du décès d’une personne aimée, écrivaine, journaliste, militante de la lutte sociale, une femme qui s’est engagée pour une bonne casue – pour beaucoup de temps de sa vie – sans aucune hésitation ni hypocrisies, afflige notre ame parce qu’il est difficile d’accepter que telles personnes puissent manquer. Hier nous avons reçu dans notre rédaction la nouvelle du décès – pour une aggravation des conditions de santé – de Nora Cortiñas, 94 ans, que tous en Amérique Latine et dans le monde entier connaissions comme “Norita”.

Et après avoir essayé d’assimiler le coup de cette nouvelle, dans nos respectives tranchées de lutte, je ne peux pas m’empêcher de me souvenir du moment exact où je l’ai connue. C’était au mois d’août 2017, au bord du fleuve Chubut, à Esquel – en Patagonie argentine – peu de temps après la disparition forcée de Santiago Maldonado.

Avec mon ami José Guzmán, qui fait partie de notre équipe éditoriale en Argentine, on se trouvait sur le scénario d’un des crimes les plus atroces commis par les forces de sécurité de l’État argentin. Et dans la solitude d’un cadre naturel, théâtre d’une tragédie cruelle au détriment du jeune Santiago et des communautés mapuches de la région, là dans la Lof Cushamen sur la route 40, j’ai rencontré Norita.

Physique menu mais avec une force indescriptible dans son visage et dans son attitude. Avec le mouchoir blanc des Mères de Plaza de Mayo (ligne fondatrice en 1986) et la photo inséparable de son fils autour de son cou, avec les dirigeants de DDHH et des mapuches de Cushamen.

Cette femme, désormais à un âge avancé, se trouvait dans un lieu éloigné de la terre argentine. Dans la terre argentine de la Patagonie usurpée aux mapuches par l’homme blanc puissant, du siècle dernier et de celui actuel. Nora Cortiñas était une militante pour les droits de l’homme, à côté des mapuches et de Santiago Maldonado. Elle y était présente, comme pendant des années à Plaza de Mayo, en demandant pour son fils Carlos Gustavo, prisonnier et desaparecido depuis le 15 avril 1977. Nora Cortiñas était là, avec nous, dans la Lof Cushamen, en défiant les basses températures et en s’engageant comme chaque militante à faveur des causes des Droits Humains et à faveur de la cause d’un desaparecido en démocratie. Le même effort pour les prisonniers desaparecidos en dictature, avec la sensibilité que seulement qui a souffert et qui a fait des expériences sur sa propre peau connaît l’injustice et l’autoritarisme.

À cette époque Norita avait 88 ans et avancer vers les 90 n’était pas pour elle un obstacle à son engagement tenace en faveur des causes justes. Et elle-même le disait, avec un certain ton humoristique. Norita était consciente de son âge mûr, sans pour autant se sentait désavantagée. Au contraire, elle avait une force incroyable.

Il y a une image que je ne pourrai pas éliminer de ma pensée et que je préserverai pour toujours: Norita est assise, dans une habitation de la communauté mapuche détruite pendant la répression, avec son mouchoir blanc et la photo de son fils desaparecido autour de son cou, elle parle avec qui a souffert la violence nationale dans la Lof Cushamen, à quelques jours de la disparition forcée de Santiago Maldonado. Elle est entourée par des membres d’organisations des Droits Humains et sur place il y a le souscrit et José Guzmán, avec une caméra à la main, pour enregistrer ce témoignage, sa présence et son engagement. Cela était Norita, un engagement exemplaire, illimité et sans ambages.

Quelques années plus tard, on s’est retrouvé à Plaza de Mayo et plus récemment – désormais en fauteuil roulant – dans une des salles annexes du Congrès, lors de l’événement pour dénoncer la violation des droits humains, sous l’administration de Javier Milei, organisé par la députée Miryan Bregman.

Aujourd’hui que j’écris au sujet de Norita, il m’est difficile d’avaler l’amère nouvelle de sa mort. Cela m’est difficile parce que je sens sa présence militante et je ne peux pas l’oublier – et beaucoup de personnes seront d’accord avec moi, c’est sûr – elle sera éternelle. Elle fera partie de l’éternité. Parce qu’on la verra toujours dans chaque tranchée de l’Argentine, en lutte contre un pouvoir gouvernemental fou (celui de Javier Miei) et de notre Amérique du Sud vidée de son sang par les autoritarismes, par les injustices sociales et, si cela ne suffisait pas, par le crime organisé.

La reconnaissance qui arrivera pour sa personne et son militantisme arrivera très nombreux du monde entier en Amérique Latine. Ils seront son adieu. Un adieu imaginaire parce que Norita sera parmi nous pour toujours. Et ce n’est pas seulement une métaphore. Non seulement. C’est, surtout, une équation historique, inexorable. Une obligation éthique. Une sorte de loi universelle, car il s’agit d’une femme qui a étée, tout d’abord, une guerrière emblématique universelle qui a eu la capacité de prendre avec force sa douleiur pour entreprendre la route de la résistence, pour les desaparecidos de sa terre et pour toutes les causes sociales et justes qu’elle a trouvées pendant sa vie.

Et à l’une de ces occasions je l’ai rencontrée dans la Lof Cushamen. Je lui ai parlé et je l’ai observée avec mes yeux soutenir et témoigner, avec autorité morale et surtout avec beaucoup de conscience, la cause de Santiago Maldonado, en montrant avec sa présence qu’elle faisait partie de cette mobilisation. De la même façon, elle opérait pour la cause des Mères de Plaza de Mayo, avec des autres femmes emblématiques et historiques comme elle, points de référence d’une lutte qui continue encore.

Nora Cortiñas a été exemplaire pour les nouvelles générations et son héritage militant est indescriptible. Les écrits de collègues ou les expressions d’autres militants comme elle, qui ont été coude à coude avec elle, ne rempliront pas le vide de son absence.

Mais nous tous, et cela est inamovible, la rendons partie de notre feu, celui qu’elle a nourri pour plus de 40 ans, pour avoir la force de continuer la lutte. Norita, on souligne, est éternelle. Elle est notre. Elle est dans chacun de nous.

Et rien que pour cela, juste en parlant d’elle, juste en la portant dans notre peau, dans notre coeur, dans nos pensées Norita sera présente pour toujours. Toujours, toujours, toujours.

Te dire merci Norita n’est pas suffisant, pas du tout, pour ce que tu nous as donné et que tu continueras à nous donner. Plus de 40 ans de lutte et de résistance.
Tout est commencé le 15 avril du 1977 quand Gustavo Cortiñas, un militant du Parti Justicialiste et de l’organisation Montoneros dans la Villa 31, a été arrêté et desaparecido à Castelar, département de Buenos Aires, pendant qu’il travaillait dans le Ministère d’Économie de la Nation. C’est là que sa mère, Nora Morales de Cortiñas (22 mars 1930), une psychologue sociale et professeur dans la faculté de sciences économiques de l’université de Buenos Aires, commence à parcourir les routes d’un militantisme féroce.

En réalité un autre événement avait déjà touché et incité Nora à élargir sa lutte à faveur d’autres cas de desaparecidos de sa famille: au début des années 70, Carlos Cortiñas, mari de Nora qui militait avec Père Carlos Mujica dans la Villa 31, fut enlevé dans la gare des trains de Castelar dans le département de Buenos Aires.

“Nous luttons non seulement pour les desaparecidos, non seulement pour la vérité, la justice et la mémoire. Dans ce parcours nous avons appris à reprendre les luttes sociales de nos fils…En substance, où il y a une nécessité, où il y a une revendication, une lutte, là il y a les mères”, ce sont des simples mots tirés d’une de ses réflexions et qui représentent sont Rosaire quotidien.

Depuis ce bouleversant 1977, Nora Cortiñas fit partie du regroupement des Mères de Plaza de Mayo Lignes Fondatrice, pour revendiquer justice contre les coupables d’enlèvements, tortures et disparitions forcées de 30.000 personnes au minimum pendant la dernière dictature civique-militaire entre 1876 et 1983.

Les Mères ont voyagé dans tout le continent, avec leur icône vivante Norita, en transmettant toute leur force dans les affaires communes du peuple latin. Nora a montré son soutien au mouvement “Ni una de menos” (Pas une en moins, ndr.) à partir de juin 2018 et elle s’est exprimée en faveur de l’avortement légal. En plus, son activité académique l’a emmenée à conduire des études concernant les connexions entre dictature, dette extérieure et crise économique.
La représentante des Mères a été source d’inspiration pour artistes de tout genre. On a écrit en son nom des chansons, des poèmes et des livres.

Comme figure exemplaire, elle a reçu le titre ad Honoris Causa par l’Université Libre de Bruxelles en Belgique en 2000 et par l’université nationale de Entre Rios en 2019. Elle a reçu la même distinction en 2004 aussi par l’Université de Salta, pour son parcours en défense des droits économiques et sociaux de la population argentine.

En 2012, l’Université de Buenos Aires l’a décernée de la même mention. À cette occasion elle dit: “C’est un gros, gros calin, que je veux partager avec ma famille et que je dédie à Gustavo, mon fils, auquel aujourd’hui j’ai fait une offre, en présentant un habeas corpus comme beaucoup d’autres j’étais présente pendant des années du premier jour quand mon fils a été enlevé. Je veux partager cette mention avec les mères saisies pendant la dictature, de l’église de Santa Cruz à l’ESMA; avec toutes les mères camarades de lutte”.

Elle a été capable de transformer son angoisse en lutte, empathie et solidarité, Nora Cortiñas. À 94 ans, elle était encore active, sur son fauteuil roulant, présente aux rondes historiques en Plaza de Mayo, en participant toujours avec la même force, tant en route que dans les autres lieux, en saluant tous avec un grand sourire et en transmettant espoir et courage.

Jean Georges Almendras et Andrés Volpe

30 mai 2024

Texte original (en italien) :